Ce lundi 22 novembre nous avons eu notre premier café-philo. Des intervenants de choix, un animateur qui enrichit et structure le débat, un public enthousiaste et une question intéressante, tout était là pour faire de ce moment d’échange une réussite!

C’est Antonio De La Fuente, journaliste et chargé de projet à Iteco qui a ouvert la soirée avec son témoignage sur l’importance du voyage dans son parcours. Ensuite François Struzik, photoreporter engagé a témoigné à son tour. Une idée forte de chacun ? Pour François, peu de gens voyagent vraiment car pour voyager, il faut notamment accepter de perdre ses repères et apprendre à regarder. Pour Antonio, la plupart des gens ont une relation paradoxale au voyage. On l’apprécie tout en rêvant au temps où on voyageait moins ou même du temps où on ne quittait pas son village.

Dans une ambiance conviviale, toute une série de questions ont été évoquées et abordées. Est-ce pertinent de parler du Sud ? Le “Sud” a-t-il besoin de volontaires?[1] Est-ce que les voyages forment ou formatent la jeunesse?[2] L’importance que prend le voyage dans l’identité actuelle des jeunes ne mène-t-elle pas à une surenchère en terme de destination. N’assiste-t-on pas à une course sans fin à celui qui fait le voyage le plus lointain, le plus exotique, le plus… et le sens ne se perd-il pas en chemin?

L’objectif fixé par Gilles Abel de suciter de nouvelles questions à partir du débat a été largement rencontré. Mais cette soirée a fait bien plus qu’esquisser des questions. Entrelacées à celles-ci ont surgi des pistes de réflexions et de réponses. A été évoquée l’importance de lier voyage et engagement pour que le voyage soit un échange où celui qui voyage apporte aussi de lui-même. Sinon tous ces mouvements ne sont qu’une consommation. Et une autre idée revenue plusieurs fois: Le rapport à l’autre nous rapporte à nous-mêmes parfois il faut aller très loin pour connaitre le très proche.

Et puis on a identifié quelques noeuds, des avis divergents dans les participants : pour certains, il faut se projeter dans une action concrète, le voyage prend sens si on “fait avec” alors que pour d’autres, l’important c’est un voyage où on “ne fait rien”, on est disponible à la rencontre, on s’assied, on observe… Pour certains, pour tranformer et redonner sens au voyage aujourd’hui, il faut que chacun prenne conscience du privilège que constitue la possibilité de travailler. L’idée n’a pas fait consensus mais la question nous a menés à parler de migrations et de critiques sociales.

Ce café philo a donc été un vrai voyage qui nous a mené au détour d’interrogations à échanger sur le sens de l’engagement.

Prochain rendez-vous, le 10 décembre au Quai 22 !

[1] https://www.cncd.be/Le-Sud-a-t-il-reellement-besoin-de

[2] http://www.iteco.be/revue-antipodes/Les-voyages-formatent-la-jeunesse,126/Les-voyages-formatent-la-jeunesse