GAZA: faire pression sur Israël !
Article rédigé le 27/12/2008 par Benjamin Moriamé
Bilan chiffré 2000-2008 de la guerre
israélo-palestinienne :
Israéliens tués par des Palestiniens : près de 600 (un peu plus 100 mineurs)
Palestiniens tués par des Israéliens : près de 5.000 (un peu moins de 1000 mineurs)
Israéliens détenus par des Palestiniens : 2
Palestiniens détenus par des Israéliens : plus de 10.000
Commentaire consécutif au crime de guerre israélien de ce samedi 27/12/2008
Plus d'un millier de roquettes artisanales par an depuis 2006 n'ont pas tué une dizaine d'Israéliens. Elles constituent pourtant le prétexte à un massacre puisque, comme de coutume, les bombardements israéliens de ce jour ont fait des dizaines de victimes parmi les Palestiniens. Il s'agit ce soir de plus de 200 morts et 300 blessés (déjà recensés).
Comme le droit de la guerre ne permet que des réactions qui répondent au principe de proportionnalité, Israël vient, une fois de plus, de se rendre coupable d'un crime de guerre à grande échelle.
Mais la violence ponctuelle ne doit pas faire oublier la violence structurelle, quotidienne. Sans parler de quarante et un ans d'occupation hors-la-loi, Israël prive depuis deux ans les habitants de Gaza de leurs accès à l'électricité, au carburant, à l'eau, aux médicaments, bref à tous les produits, y compris ceux de première nécessité… En Cisjordanie, 700 km de murs et barrières israéliens additionnés à plus de 500 barrages dégradent tous les aspects de la vie quotidienne des Palestiniens. Pendant ce temps, la plupart des Israéliens vivent dans un luxe de type nord-américain. Les Palestiniens devraient-ils supporter de vivre à genoux ?
Ceux qui veulent la paix doivent la réclamer à tous. Notamment à Israël, lequel doit comprendre qu'il ne l'obtiendra pas sans reconnaître la dignité du peuple palestinien ni sans faire quelques concessions : un espace pour le développement d'un État, c'est-à-dire la fin de la colonisation et de l'occupation.
Israël doit retourner derrière ses frontières. Cela fait plus de quarante ans que les institutions internationales et les États démocratiques le lui réclament – ils ont le devoir, légal et moral, de l'exiger ! Enfin, Israël ne peut plus se cacher derrière le triste visage du Hamas pour refuser le dialogue que ce dernier réclame : on ne fait pas la paix avec ses amis, mais bien avec ses ennemis.
Pas démocratique, le Hamas ? Non, sûrement pas. Alors pensons à faire naître le contexte pour que la démocratie se réinstalle en Palestine. Démocratique, Israël ? Nous parlons d'un État qui accueille le racisme et l'extrême droite dans sa coalition gouvernementale, dans lequel les minorités sont gravement discriminées, qui torture et emprisonne arbitrairement (notamment des mineurs), un État qui a renié depuis des dizaines d'années le droit international et en particulier le droit de la guerre, qui se détourne des résolutions de l'ONU, qui a acquis illégalement et dans le secret un arsenal nucléaire parmi les plus puissants au monde… Tout ceci, rendu possible par le consentement (souvent tacite) et parfois l'appui des États occidentaux, pouvait-il mener à la paix ? Non. On devait s'en douter. Au-delà du Proche-Orient, la paix internationale est de plus en plus menacée.
Il est donc temps de réclamer des preuves tangibles d'une volonté de paix, en Europe – l'Union européenne est le deuxième partenaire commercial d'Israël – comme au Proche-Orient, de la part des chefs d'État qui nous représentent. Car, actuellement, ils nous font honte.
Benjamin Moriamé
Auteur de La Palestine dans l'étau israélien. Avant et après le Mur, éd. L'Harmattan, Paris, 2007, coll. « Comprendre le Moyen-Orient
Article rédigé le 27/12/2008

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