Frédéric Lubansu : théâtre et désaliénation des imaginaires

Frédéric Lubansu est un artiste, plasticien, comédien et metteur en scène d’origine belgo-congolaise. Très actif dans le monde du théâtre et du cinéma en Belgique et en France, il s’attache à questionner la place des Afro-descendant·e·s dans nos sociétés contemporaines. Le théâtre, lieu où subsistent malheureusement encore des discriminations à l’égard des personnes noires, est cependant également, pour Frédéric Lubansu, un outil de désaliénation puissant et un moyen de renforcer le dialogue interculturel. Propos recueillis par Antoine Stasse, chargé de projet à la FUCID.

Faire de l’éducation permanente « universitaire » ?

« Faire de l’éducation permanente « universitaire » ». Voilà une assertion qui s’apparente à de la provocation ! L’éducation permanente et l’enseignement universitaire semblent en effet bien différents : d’un côté, un apprentissage s’appuyant sur l’expérience vécue, en partie déterminée par des rapports de domination, d’un public « populaire » ; de l’autre, une éducation avant tout basée sur la transmission d’une connaissance savante par des experts, à un public destiné à devenir l’« élite » de la société. Pourtant, en s’engageant dans des projets d’éducation permanente, la FUCID a la conviction que faire de l’éducation permanente et populaire sans trahir ni le projet d’éducation permanente ni la spécificité universitaire de l’ONG n’est pas une gageure, mais un beau défi : celui de faire, comme l’appelle Stéphane Leyens, directeur de la FUCID, dans cette analyse, de l’éducation permanente « universitaire »…

Apprendre par la grève

Les 8 et 9 mars dernier, les femmes belges se sont mises en grève : une grève du travail rémunéré, du soin aux autres, de la consommation et une grève étudiante. Elles ont en effet rejoint un mouvement mondial, en choisissant un processus participatif et horizontal, depuis maintenant deux ans. Cette forme de mobilisation a notamment trouvé un écho auprès des jeunes de 18-25 ans, public cible de la FUCID en tant qu’ONG universitaire. Suite à une rencontre avec le Collecti.e.f 8 maars, Alix Delvigne, chargée de projet à la FUCID, s’interroge donc : comment analyser, apprendre, s’inspirer, de cette démarche ?

Éducation populaire/permanente et ONG universitaire : un pari osé ?

La démarche d’éducation permanente et populaire est transversale à tout projet proposé par la FUCID. En tant qu’ONG universitaire, la tâche peut sembler ardue tant « universitaire » et « éducation permanente et populaire » semblent, à priori, difficilement conciliables. Pourtant, il est possible de tisser des liens entre ces « vieux ennemis » afin de continuer à s’interroger sur le sens de nos actions. A travers cette analyse, Sarah Beaulieu, chargée de projet d’éducation permanente à la FUCID, s’arme ainsi de grilles de lecture (notamment les Modes de Travail Pédagogiques de Marcel Lesne) afin de mieux comprendre comment faire évoluer les pratiques et perspectives pour un meilleur dialogue entre éducation permanente et éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire au sein d’une structure universitaire.

Échange de savoirs entre monde académique et communautés marginalisées. Une expérience au Sud inspirante pour le Nord

S’il est largement acquis que la connaissance scientifique peut contribuer à l’élaboration d’un monde meilleur – pensons, pour l’exemple, à la gestion d’une crise sanitaire – l’intérêt sociétal des savoirs « populaires », ou savoir non-savant, est souvent considéré comme moins évident pour des citoyen·ne·s pétri·e·s de culture scientifique. Or, la valeur que constitue la pluralité des savoirs ne peut être ignorée. La FUCID, qui entend jouer un rôle important dans l’ouverture de la communauté universitaire à la diversité des savoirs, doit donc se nourrir d’expériences d’échange de savoirs entre monde universitaire et communautés marginalisées. Cette analyse de Stéphane Leyens, directeur de la FUCID, rend ainsi compte d’une expérience de ce type qui s’articule à un projet de recherche-action aux Philippines.

Le bar de l’humanité

En janvier 2020, dans le cadre d’un projet mené par la FUCID, Matteo Pasanisi a eu l’occasion de voyager, avec 11 autres étudiant·e·s, à Nice, afin de découvrir des militant·e·s engagé·e·s quotidiennement auprès des migrant·e·s. Parmi ces rencontres, l’une l’aura particulièrement marqué : celle de Delia, gérante du Hobbit Bar. À travers cette analyse, Matteo nous partage son témoignage et ses réflexions sur la responsabilité citoyenne face à l’urgence migratoire.