Climat, migrations, inégalités : les oppressions interconnectées face au « Tous pour le climat »

L’été 2021 fut celui de tous les records, entre inondations, incendies canicules… Des extrêmes toujours plus exacerbés qui nous font ressentir pleinement la réalité du changement climatique. Mais pour certaines populations, les effets sont d’autant plus violents qu’elles subissent déjà de multiples oppressions : classisme, sexisme, néocolonialisme, homophobie,… au Nord comme au Sud, le changement climatique, désigné comme grande problématique mondiale, a en effet des conséquences bien différenciées, ses responsables, ses gagnants et ses victimes. Dans cette analyse, Alix Buron, chargée de projets à la FUCID, explore ainsi les multiples inégalités face au changement climatique, en s’arrêtant particulièrement sur les questions de justice sociale et de migrations environnementales – sur ce qui pousse certaines personnes à traverser les frontières… et d’autres à se réfugier derrière celles-ci.

De la frontière sanitaire aux frontières migratoires

La fermeture des frontières, liée à la lutte contre la propagation du Covid-19, nous aurait semblé inimaginable il y a moins d’un an. En effet, jamais les ressortissant·e·s européen·ne·s n’ont connu de telles restrictions de déplacement de leur vivant, si ce n’est durant la guerre. Pour d’autres, cependant, les frontières font déjà partie de leur réalité quotidienne, et leur parcours migratoire est devenu encore plus long et périlleux suite à ces nouvelles restrictions. Dans cette analyse, Alix Buron, chargée de communication et chargée de projets à la FUCID, met en lien frontières sanitaires, frontières migratoires et traitement des personnes migrantes, pour interroger l’effet des frontières sur nos esprits, notre vision de la solidarité, et la réalité sur le terrain.

ÉTUDE- L’éducation permanente en lutte contre le racisme et la colonialité en Belgique francophone ?

L’histoire coloniale belge est loin de se conjuguer uniquement au passé. Discriminations, débats autour de l’Africa Museum ou des statues coloniales dans l’espace public… L’actualité entourant la mort de George Floyd a elle aussi fait rejaillir la nécessité du combat antiraciste partout dans le monde. Cela dit, les Afrodescendant·e·s belges n’ont pas attendu d’hypothétiques excuses pour la période coloniale et des promesses de politiques concrètes pour organiser les formes de lutte à plusieurs niveaux et à travers de multiples enjeux ! Aujourd’hui en Belgique, le militantisme, l’activisme et les pensées décoloniales se font de plus en plus visibles et n’ont cessé de conscientiser avec une détermination à toutes épreuves. Dans cette étude passionnante, Axel Mudahemuka C. Gossiaux, doctorant au sein du Centre d’Études de l’Ethnicité et des Migrations, revient sur l’histoire coloniale belge, l’émergence du Black Lives Matter, ainsi qu’une série d’initiatives décoloniales, et interroge : décolonisations et éducation permanente sont-ils vecteurs de démocratie culturelle ?

Frédéric Lubansu : théâtre et désaliénation des imaginaires

Frédéric Lubansu est un artiste, plasticien, comédien et metteur en scène d’origine belgo-congolaise. Très actif dans le monde du théâtre et du cinéma en Belgique et en France, il s’attache à questionner la place des Afro-descendant·e·s dans nos sociétés contemporaines. Le théâtre, lieu où subsistent malheureusement encore des discriminations à l’égard des personnes noires, est cependant également, pour Frédéric Lubansu, un outil de désaliénation puissant et un moyen de renforcer le dialogue interculturel. Propos recueillis par Antoine Stasse, chargé de projet à la FUCID.

Donner du sens à l’engagement – Expérience d’un marrainage avec des femmes demandeuses d’asile

Astrid Modera, assistante/doctorante au Département de Sciences, Philosophies et Sociétés à l’UNamur et bénévole FUCID a eu l’occasion de participer au projet “marrainage” co-organisé par la FUCID et le centre d’accueil Pierre Bleue d’Yvoir : un projet ayant pour but de mettre en relation des femmes demandeuses d’asile et des femmes extérieures au centre. De son engagement, Astrid Modéra tire une série de réflexions critiques touchant aux problématiques de l’interculturalité et de l’engagement.

Genre : la solidarité internationale est pavée de bonnes intentions

Alors que le genre a le vent en poupe en ECMS, il convient de se poser une question de taille (et un peu provocante) : si l’intégration du genre en ECMS change le monde… le change-t-elle systématiquement dans le bon sens ? À partir de deux cas – la mobilisation contre les violences sexuelles en RDC et la lutte contre l’homophobie et l’excision au Mali – cette analyse ouvre un champ de réflexion qui gagnerait à être approfondi : comment l’ECMS pourrait-elle s’assurer que la mobilisation citoyenne autour de questions aussi politiques que le genre et la sexualité n’aboutissent pas à des effets contraires à ceux escomptés ?