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Les enjeux et les défis de la restitution des oeuvres d’art de la Belgique au Congo - Entre impératifs moraux et réalités

par Idriss SOUMAH
Chargé de projets à la FUCID

La question de la restitution des oeuvres d’art acquises durant la période coloniale est devenue un enjeu majeur des relations internationales contemporaines. Loin de se réduire à un simple transfert d’objets, elle engage un processus complexe de décolonisation des mémoires, de réparation symbolique et de redéfinition des rapports entre anciens colonisateurs et anciens colonisés. Dans le cas spécifique de la Belgique et de ses anciennes colonies, Congo, Rwanda, Burundi, cette problématique est particulièrement multidimensionnelle, mêlant des dimensions historiques, éthiques, juridiques et pratiques.

Cette analyse s’appuie sur des discussions internes, les colloques et plusieurs travaux[1]Le rapport de la Commission spéciale de la Chambre des représentants (2024), la loi belge du 3 juillet 2022, le mémoire de Bosembo Ilondjo Bienvenu (Université de Liège, 2023), le rapport sur les collections extra-européennes conservées en Fédération Wallonie-Bruxelles (Académie royale de … Continuer de lire qui explorent des moteurs de l’action, les cadres juridiques, les défis de mise en oeuvre et les perspectives de réconciliation, sans éluder les tensions profondes qui traversent ce débat.

Contexte historique et justification de la restitution

La présence coloniale belge, qui débute avec l’État indépendant du Congo (1882-1908) puis se poursuit sous le Congo belge (1908-1960), ainsi qu’au Rwanda-Urundi (1919-1962), est marquée par des violences massives, l’exploitation des ressources et la déstructuration des sociétés locales[2]Commission spéciale chargée d’examiner l’État indépendant du Congo et le passé colonial de la Belgique au Congo, au Rwanda et au Burundi, ses conséquences et les suites qu’il convient d’y réserver (2024), p. 42-44..

Dans ce contexte, de nombreux objets ont été acquis par la Belgique dans des conditions jugées illégitimes : par la spoliation, la contrainte ou la manipulation des communautés d’origine. Les modalités de ces acquisitions impliquent des acteurs très diversifiés. Les hautes autorités et militaires rapatrient des objets au nom de l’État pour légitimer la colonisation auprès de l’opinion publique européenne. Les archéologues et anthropologues collectent des milliers d’objets lors d’expéditions financées par les musées nationaux, dans une logique paradoxale de «sauvegarde». Les missionnaires, en cherchant à évangéliser les populations, détruisent ou déplacent des fétiches et objets rituels.

Dans le seul cas du Congo, l’expédition Hutereau[3]L’expédition Hutereau est une importante mission d’exploration et de collecte ethnographique menée au nord-est du Congo belge (principalement dans les régions de l’Uele et de l’Ubangi) entre février 1911 et 1913 par l’officier militaire belge Armand Hutereau de 1911-1913 a rapporté près de 8000 objets, et l’expédition Maes de 1913-1914 en a ajouté 1200[4]Wathelet, L. (2025). Les défis juridiques et politiques de la restitution des biens culturels spoliés en Afrique lors de la colonisation et détenus en Europe. Mémoire de master. UCLouvain.. Au total, le Musée royal de l’Afrique centrale détient aujourd’hui près de 180 000 pièces d’origine africaine, tandis que les collections nationales congolaises ne dépassent pas quelques milliers d’objets. Les formes d’acquisition vont du pillage pur lors des expéditions punitives aux échanges inégaux réalisés sous la contrainte du statut colonial. Cette diversité des acteurs et des méthodes rend les recherches de provenance extrêmement complexes, coûteuses et lentes, l’absence ou la dispersion des archives rendant souvent impossible la preuve formelle d’une spoliation.

La question de la restitution a émergé comme enjeu central des relations internationales, perçue comme une forme de réparation des préjudices historiques et une reconnaissance de la dignité bafouée des peuples colonisés[5]Chambre des représentants de Belgique (2024). Commission spéciale, doc 55 1462/006.. Plusieurs facteurs ont contribué à en faire une priorité politique en Belgique. Le mouvement Black Lives Matter et la mort de George Floyd en 2020 ont provoqué des répercussions internationales, ravivant la prise de conscience des injustices raciales et coloniales. Le militantisme des Afro-descendants belges d’origine congolaise a également constitué un déclencheur majeur : des associations et des individus ont mené un travail de fond pour déconstruire les récits coloniaux, sensibiliser l’opinion publique et exiger la reconnaissance des injustices passées. Enfin, un renouvellement générationnel au sein de la classe politique belge, moins directement liée à l’héritage colonial et plus sensible aux enjeux éthiques et mémoriels, a contribué à faire évoluer les mentalités[6]Bosembo Ilondjo, B. (2023). La restitution et le retour du patrimoine culturel africain : Cas Belgique – RDC. Mémoire de master, Université de Liège.

Le cadre juridique belge

Avant l’adoption de la loi fédérale du 3 juillet 2022, les instruments juridiques existants, notamment les conventions de l’UNESCO (1970) et d’UNIDROIT (1995), étaient jugés insuffisants ou non rétroactifs pour contraindre la restitution des biens acquis durant la colonisation. Quatre obstacles juridiques majeurs structuraient ce blocage : la légalité des acquisitions dans le contexte juridique de l’époque coloniale, la non-rétroactivité du droit international, le délai de prescription, et le principe d’inaliénabilité[7]Le principe d’inaliénabilité est une règle juridique interdisant de vendre, céder ou transférer un bien. Il s’applique de plein droit aux biens du domaine public (routes, monuments) et à certains droits fondamentaux comme les éléments du corps humain. Il peut aussi être inclus … Continuer de lire des collections publiques présent dans de nombreux systèmes juridiques européens[8]Ces quatre obstacles sont détaillés dans Wathelet (2025) : la légalité des acquisitions coloniales à l’époque, la non-rétroactivité des conventions UNESCO (1970) et UNIDROIT (1995), le délai de prescription (50 ans pour UNIDROIT, 30 ans en droit européen), et le principe … Continuer de lire.

La loi fédérale du 3 juillet 2022 est considérée comme pionnière à l’échelle européenne. Elle lève l’obstacle juridique majeur en permettant la sortie des biens du domaine de l’État pour qu’ils soient restitués, reconnaissant ainsi le droit de propriété des pays d’origine. Elle organise un cadre pour la restitution des biens des collections muséales acquis illégitimement durant la période coloniale (1885-1962), prévoit des traités bilatéraux, l’évaluation de la légitimité des acquisitions par une commission d’experts, et la possibilité de prêts dans l’attente de conditions de conservation optimales dans le pays d’origine.

Cette loi présente cependant des limites importantes. Sa portée est restreinte : elle ne couvre pas les restes humains, les archives, ni les collections détenues par des entités non fédérales, musées provinciaux, communaux ou institutions religieuses. Cette fragmentation du paysage muséal belge constitue un défi majeur, car une part significative du patrimoine congolais en Belgique échappe ainsi au cadre légal fédéral. Le rapport sur les collections extra-européennes conservées en Fédération Wallonie-Bruxelles insiste sur la nécessité d’une approche cohérente entre les différents niveaux de pouvoir, ainsi que sur l’indispensable coordination fédérale[9]Zian, Y. & de Clippele, M.-S. (2021). Rapport sur l’avenir des collections extra-européennes conservées en Fédération Wallonie-Bruxelles. Académie royale de Belgique..

Le cadre théorique : Felwine Sarr et la restitution comme droit souverain

Felwine Sarr, philosophe sénégalais et co-auteur du rapport remis au président Macron en 2018, offre l’un des cadres théoriques les plus influents pour penser la restitution du patrimoine culturel africain[10]Sarr, F. & Savoy, B. (2018). Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain. Vers une nouvelle éthique relationnelle. Rapport remis au Président de la République française.. Sa position mérite d’être exposée rigoureusement avant d’en dégager les forces et les limites.

Pour Sarr, l’argument consistant à conditionner la restitution à l’existence préalable d’infrastructures adéquates constitue un «argument technique» dissimulant des réticences plus profondes. Il le qualifie de «paternalisme colonial» : en imposant ses propres normes de conservation comme condition à la restitution, l’Occident nie la souveraineté culturelle des nations africaines et reconduit, sous une forme moderne, une relation de tutelle.

Sarr conteste également l’idée selon laquelle le modèle du musée occidental du XIXe siècle constituerait le seul mode de conservation légitime. Il plaide pour un «universel qui soit pluriel», reconnaissant que dans de nombreuses communautés africaines, les objets patrimoniaux ne sont pas de simples pièces d’exposition, mais des entités dotées de fonctions sociales, rituelles et mémorielles vivantes. Sur le plan du droit, il soutient que la propriété d’un bien culturel est inaliénable et ne saurait être conditionnée par la capacité technique de conservation de son propriétaire légitime. Cette position a directement influencé la loi belge du 3 juillet 2022, qui a précisément choisi de ne pas conditionner la restitution à l’état des infrastructures d’accueil.

Toutefois, cette position n’est pas sans tensions. En insistant sur le caractère inconditionnel du droit à la restitution, Sarr s’adresse avant tout aux institutions françaises et belges, et sa critique du paternalisme occidental est construite dans la logique d’un rapport de domination qu’il cherche à dépasser, ce qui est pleinement légitime. Cependant, cette posture laisse en partie dans l’ombre la question de ce qui se passe après le retour des objets, dans les sociétés concernées elles-mêmes.

La vision de Sarr est intéressante pour démontrer ce qui ne doit pas être fait c’est-à-dire conditionner, retarder, imposer des normes, mais elle reste moins outillée pour répondre aux questions que soulèvent les travaux de Kasongo : comment garantir que les biens restitués ne disparaissent pas dans des circuits privés ? Comment rebâtir le lien entre les Congolais eux-mêmes et des objets que la colonisation religieuse leur a appris à craindre ou à rejeter ? La position de Sarr nous semble nécessaire mais non suffisante : elle constitue un point de départ indispensable, mais ne saurait dispenser d’une réflexion interne aux sociétés africaines sur les conditions d’une réappropriation culturelle réelle.

Des initiatives africaines : l’exemple du Ghana et du Sénégal

Un aspect trop souvent effacé dans les débats sur la restitution est le suivant : certains États africains n’ont pas attendu les décisions occidentales pour prendre en main leur destin culturel. Le Ghana et le Sénégal en offrent deux illustrations particulièrement significatives, qui démontrent que l’argument de l’incapacité infrastructurelle est réfutable par les faits, et que l’engagement politique peut précéder et susciter les conditions matérielles.

Le Ghana : la restitution comme levier de politique nationale
Le gouvernement ghanéen a engagé des réformes importantes pour renforcer ses institutions muséales, notamment en rénovant le William Edward Burghardt Du Bois ( W. E. B. D) Memorial Centre et le Ghana National Museum à Accra. Mais ce qui distingue l’approche ghanéenne, c’est surtout le fait d’avoir intégré la restitution dans une stratégie culturelle nationale plus large, articulée autour de l’initiative « Year of Return » (2019), qui visait à reconnecter la diaspora africaine avec ses origines. En 2023, des objets royaux Ashanti ont été restitués par le Royaume-Uni et accueillis dans des conditions jugées satisfaisantes par les autorités ghanéennes. Ce que l’exemple ghanéen démontre, c’est que la volonté politique peut précéder et structurer les conditions d’accueil, plutôt que l’inverse.

Le Sénégal : un investissement souverain dans la narration de soi
Le Sénégal offre un autre modèle, distinct mais complémentaire. Le Musée des civilisations noires (MCN), inauguré à Dakar en 2018, représente un investissement majeur financé avec le soutien de la Chine, mais dont la vision est avant tout sénégalaise : il ne s’agissait pas de reproduire un musée à l’européenne, mais de construire un lieu capable d’accueillir les collections africaines dans un cadre conceptuellement et esthétiquement ancré dans la réalité du continent. Ce musée symbolise une ambition que Sarr appelle de ses voeux : permettre aux sociétés africaines de réinventer leurs propres modes de valorisation du patrimoine.

Ces deux exemples suggèrent une inversion de la logique dominante : la restitution ne doit pas attendre les infrastructures ; elle peut en être le moteur. Ils indiquent également que le vrai débat n’est pas celui d’une Afrique incapable face à un Occident bienveillant, mais celui de partenariats équitables entre des acteurs qui ont chacun leur agentivité propre.

La République Démocratique du Congo : complexités réelles et voix internes

Le cas de la RDC est fréquemment cité comme le contre-exemple qui viendrait nuancer les exemples ghanéen et sénégalais. Les obstacles sont réels : instabilité politique chronique, conflits armés, absence de politique culturelle structurée, pillages des collections existantes. Il serait intellectuellement malhonnête de les minorer. Mais le choix de la perspective depuis laquelle on analyse ces obstacles est déterminant.

Acculturation et méfiance institutionnelle
Pour comprendre les défis de la restitution au Congo, il faut d’abord accepter une réalité que les débats européens et diasporiques tendent à minimiser : beaucoup de Congolais au Congo ne se reconnaissent pas spontanément dans le discours sur la « réappropriation du patrimoine ancestral ». Ce n’est pas de l’ignorance ou de l’indifférence, c’est le résultat d’un siècle et demi de colonisation culturelle qui a laissé des traces profondes. Dans un pays dont la population est chrétienne à environ 94 %, une part importante refuse d’acquérir ou de conserver les objets traditionnels africains, par peur de ce qu’ils associent à des esprits néfastes ou à de la sorcellerie. Le marché Bikeko à Kinshasa, principal espace de commerce des oeuvres d’art, est ainsi essentiellement fréquenté par des touristes étrangers[11]Kasongo, G. L. (2021). Restitution du patrimoine culturel africain, et après ? Dans J. Baraka Akilimali (dir.), L’état africain et la crise postcoloniale. Paris : L’Harmattan..

À cela s’ajoute une méfiance justifiée vis-à-vis des institutions étatiques. En 1973, lors de la première restitution de 1042 objets par la Belgique au régime Mobutu, une grande partie de ces biens avait rapidement disparu, certains se retrouvant sur des marchés d’art internationaux. Ce précédent, ainsi que les pillages répétés des musées nationaux de Kinshasa, Lubumbashi, Mbandaka et Kananga, nourrit chez de nombreux Congolais une méfiance qui n’est pas une opposition au principe de la restitution, mais une lecture lucide du fonctionnement réel de l’État dont le ministère de la Culture n’a jamais reçu plus de 1% du budget national depuis trois décennies.

La diaspora et les Congolais du pays : deux réalités, une cause à articuler
Une partie significative du discours militant sur la restitution est portée par la diaspora congolaise en Belgique, en France et aux États-Unis. Cet engagement est précieux et nécessaire : la diaspora maîtrise les outils juridiques et médiatiques européens et porte une vision claire des mécanismes de domination coloniale. Mais elle vit une réalité fondamentalement différente de celle des Congolais restés au pays, pour qui les urgences sont souvent celles de la survie quotidienne, l’accès à l’électricité, à l’école, à la sécurité dans l’Est du pays. Cela ne signifie pas que les Congolais du pays sont indifférents à leur patrimoine. Cela signifie que l’agenda de la restitution tel qu’il est porté dans les débats internationaux ne correspond pas toujours aux priorités formulées de l’intérieur. Une restitution véritablement décoloniale devrait donc inclure et écouter activement les voix des Congolais au Congo, et pas seulement celles de la diaspora ou des experts européens.

Des engagements congolais internes : au-delà de la passivité supposée
Il serait faux de conclure que les efforts de réappropriation culturelle sont absents du Congo lui-même. Des chercheurs, artistes, enseignants et animateurs culturels congolais travaillent depuis des années souvent sans moyens ni reconnaissance internationale à documenter les traditions orales, à constituer des archives locales, à initier des jeunes aux arts traditionnels, et à débattre publiquement du sens des objets patrimoniaux dans des sociétés en mutation. Ce travail de terrain est la condition nécessaire à ce que Kasongo appelle « la restitution de l’âme des objets » : la réintégration de leur dimension spirituelle, symbolique et communautaire dans la vie sociale congolaise, une dimension que les débats européens, centrés sur la matérialité des objets, peinent à intégrer.

La restitution comme levier de réconciliation

Au-delà des aspects matériels et juridiques, la restitution est avant tout un acte symbolique puissant, porteur d’un potentiel de réconciliation et de transformation profonde des mentalités. Les sources analysées soulignent unanimement que la restitution matérielle, bien qu’essentielle, n’est qu’une composante d’un processus plus vaste de réparation et de travail de mémoire. Il s’agit, selon les termes du rapport de la Commission spéciale, de « réparer les trous creusés par les déchirures coloniales » et de construire des relations fondées sur l’égalité et le respect mutuel.

La restitution doit ainsi s’inscrire dans une démarche plus large : le dialogue interculturel, l’éducation à l’histoire coloniale, la lutte contre le racisme systémique et la décolonisation des espaces publics et des mentalités. L’identification correcte des interlocuteurs et de leur légitimité au sein des communautés d’origine est cruciale ce qui implique, concrètement, d’associer autant les Congolais du pays que les représentants de la diaspora. La remise symbolique du masque Kakungu par le Roi Philippe, bien que critiquée pour son approche au cas par cas, illustre néanmoins la volonté de reconnaître les injustices passées. Elle appelle cependant à un cadre systématique plutôt qu’à des gestes isolés.

En conclusion, on a pu remarquer que la restitution des oeuvres d’art de la Belgique au Congo est un processus complexe, jalonné d’avancées législatives significatives et de défis persistants. La loi de 2022 témoigne d’une prise de conscience réelle, mais son efficacité dépendra de la capacité de tous les acteurs belges et congolais, diasporiques et internes à surmonter ensemble les obstacles juridiques, logistiques, politiques et culturels.

Felwine Sarr a posé les termes d’un droit souverain inconditionnel. Le Ghana et le Sénégal ont démontré que la volonté politique peut transformer les contraintes structurelles. Les Congolais de la diaspora ont porté la cause dans les arènes internationales avec force et légitimité. Et les Congolais au Congo vivent, quant à eux, une réalité qui ne se réduit pas à ces débats mais qui en est indissociable, et qui doit être entendue.

La restitution n’est pas une fin en soi. Elle est un moyen de réparer le passé, de construire un présent plus équitable et d’imaginer un avenir où le patrimoine culturel est un pont entre les peuples plutôt qu’un symbole de domination. Cela suppose, entre autres : d’élargir la loi fédérale aux restes humains, aux archives et aux collections non fédérales ; de soutenir la recherche de provenance et l’inventaire indépendant; d’encourager le renforcement des capacités congolaises comme condition accompagnant les restitutions et non les précédant ; et surtout, de promouvoir un dialogue équitable qui inclue activement les voix des Congolais au Congo dans la définition de ce que doit être, pour eux, la réappropriation de leur patrimoine.

C’est par cet engagement continu que la restitution pourra pleinement jouer son rôle de catalyseur pour une relation renouvelée entre la Belgique et le Congo, ancrée dans la dignité, l’égalité et la justice.

Bibliographie

  • Bosembo Ilondjo, B. (2023). La restitution et le retour du patrimoine culturel africain : Cas Belgique – République Démocratique du Congo. Mémoire de master en sciences politiques, Université de Liège.
  • Chambre des représentants de Belgique. (2022). Projet de loi reconnaissant le caractère aliénable des biens liés au passé colonial de l’État belge et déterminant un cadre juridique pour leur restitution et leur retour. https://www.lachambre.be/FLWB/PDF/55/2646/55K2646001.pdf
  • Chambre des représentants de Belgique. (2024). Commission spéciale chargée d’examiner l’État indépendant du Congo et le passé colonial de la Belgique au Congo, au Rwanda et au Burundi, ses conséquences et les suites qu’il convient d’y réserver : Constats des experts. https://www.lachambre.be/FLWB/PDF/55/1462/55K1462006.pdf
    • Kasongo, G. L. (2021). Restitution du patrimoine culturel africain, et après ? L’État congolais et l’urgence d’une politique de réappropriation du patrimoine culturel et de la promotion des droits culturels. Dans J. Baraka Akilimali (dir.), L’état africain et la crise postcoloniale. Paris : L’Harmattan.
  • Sarr, F. & Savoy, B. (2018). Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain. Vers une nouvelle éthique relationnelle. Rapport remis au Président de la République française.
  • Wathelet, L. (2025). Les défis juridiques et politiques de la restitution des biens culturels spoliés en Afrique lors de la colonisation et détenus en Europe. Mémoire de master en études européennes, Université catholique de Louvain.
    • Zian, Y. & de Clippele, M.-S. (Académie Royale de Belgique). (2021). Rapport sur l’avenir des collections extra-européennes conservées en Fédération Wallonie-Bruxelles.

L'analyse en PDF

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Références

Références
↑1 Le rapport de la Commission spéciale de la Chambre des représentants (2024), la loi belge du 3 juillet 2022, le mémoire de Bosembo Ilondjo Bienvenu (Université de Liège, 2023), le rapport sur les collections extra-européennes conservées en Fédération Wallonie-Bruxelles (Académie royale de Belgique, 2021), ainsi que les travaux de Sarr et Savoy (2018) et de Kasongo (2021).
↑2 Commission spéciale chargée d’examiner l’État indépendant du Congo et le passé colonial de la Belgique au Congo, au Rwanda et au Burundi, ses conséquences et les suites qu’il convient d’y réserver (2024), p. 42-44.
↑3 L’expédition Hutereau est une importante mission d’exploration et de collecte ethnographique menée au nord-est du Congo belge (principalement dans les régions de l’Uele et de l’Ubangi) entre février 1911 et 1913 par l’officier militaire belge Armand Hutereau
↑4 Wathelet, L. (2025). Les défis juridiques et politiques de la restitution des biens culturels spoliés en Afrique lors de la colonisation et détenus en Europe. Mémoire de master. UCLouvain.
↑5 Chambre des représentants de Belgique (2024). Commission spéciale, doc 55 1462/006.
↑6 Bosembo Ilondjo, B. (2023). La restitution et le retour du patrimoine culturel africain : Cas Belgique – RDC. Mémoire de master, Université de Liège
↑7 Le principe d’inaliénabilité est une règle juridique interdisant de vendre, céder ou transférer un bien. Il s’applique de plein droit aux biens du domaine public (routes, monuments) et à certains droits fondamentaux comme les éléments du corps humain. Il peut aussi être inclus temporairement dans un contrat de donation ou de succession.
↑8 Ces quatre obstacles sont détaillés dans Wathelet (2025) : la légalité des acquisitions coloniales à l’époque, la non-rétroactivité des conventions UNESCO (1970) et UNIDROIT (1995), le délai de prescription (50 ans pour UNIDROIT, 30 ans en droit européen), et le principe d’inaliénabilité des collections publiques dans les systèmes juridiques européens.
↑9 Zian, Y. & de Clippele, M.-S. (2021). Rapport sur l’avenir des collections extra-européennes conservées en Fédération Wallonie-Bruxelles. Académie royale de Belgique.
↑10 Sarr, F. & Savoy, B. (2018). Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain. Vers une nouvelle éthique relationnelle. Rapport remis au Président de la République française.
↑11 Kasongo, G. L. (2021). Restitution du patrimoine culturel africain, et après ? Dans J. Baraka Akilimali (dir.), L’état africain et la crise postcoloniale. Paris : L’Harmattan.