Analyse - Le Musée du Capitalisme : une aventure citoyenne à essaimer

Le texte présente une interview de Thomas, l'un des co‑fondateur du Musée du Capitalisme, réalisée dix ans après la première édition de l’exposition à Namur. Thomas y raconte la genèse du projet, né en 2012. Il explique comment une idée lancée entre étudiant·e·s s’est transformée en exposition itinérante destinée à questionner le capitalisme. L’entretien revient sur le succès immédiat du musée, son fonctionnement participatif et son ancrage dans l’éducation permanente notamment grâce à la formation de guides locaux. Thomas détaille aussi l’évolution du projet : structuration en ASBL, création d’outils pédagogiques, collaborations culturelles, la scénographie mais aussi les enjeux et défis futurs du musée.

Analyse - S’appuyer sur le panafricanisme pour penser une autonomie numérique africaine

L’analyse d’Idriss Soumah, étudiant en philosophie et sciences politiques, et ancien stagiaire à la FUCID, explore comment le panafricanisme peut servir de levier pour construire une autonomie numérique africaine face à la domination technologique mondiale. Cet article souligne que la dépendance aux infrastructures et algorithmes étrangers reproduit des inégalités héritées du colonialisme et appelle à la « décolonisation » du code et de l’IA. L’autonomie revendiquée passerait, selon la vision panafricaine, par le développement de systèmes africains respectant les savoirs locaux, les langues et les valeurs comme l’Ubuntu. Idriss Soumah insiste également sur le rôle de la diaspora et des communautés pour réinventer un numérique africain souverain, juste et solidaire.

ETUDE: Enseignement supérieur, recherche universitaire, savoirs académiques... (Pas assez) neutres, ou (pas assez) engagés ?

De nombreux·ses étudiant·e·s déplorent les positionnements parfois timides ou consensuels, voire les silences des institutions académiques par rapport à des débats sensibles ou des enjeux majeurs en lien avec l’actualité. En France ou aux États-Unis, certaines personnalités politiques ou médiatiques regrettent au contraire les positionnements jugés trop progressistes d’institutions académiques : en témoignent les débats autour de positions qualifiées d’« islamo-gauchiste » ou de « wokiste » au sein de certaines facultés. Ces observations nous mènent aux questions suivantes : l’enseignement supérieur est-il et/ou doit-il être « neutre », et que signifierait ce qualificatif ? Est-il et/ou peut-il être engagé dans la défense de certaines causes, et si oui lesquelles et dans quelle mesure ? Comment les institutions académiques concilient-elles les trois idéaux que constituent la liberté académique, la neutralité et l’engagement ? Pour répondre à ces questions, cette étude interrogera l’indépendance et l’autonomie des institutions académiques, reviendra sur la problématique classique de la supposée « neutralité de la science » et approfondira quelques controverses contemporaines en lien avec cette notion questionnable de neutralité, dont certaines portant sur des questions d’interculturalité.

Enseignement supérieur : lieu de reproduction des dominations

S’il est de plus en plus admis aujourd’hui que les rapports de domination et d’oppression structurent la société, entre sexisme, racisme, classisme… certains lieux peuvent donner à croire qu’ils en sont exempts. Le monde de l’éducation, pendant longtemps, a bénéficié de cet a priori. Plus encore, l’enseignement est considéré comme l’une des clés principales pour résoudre le problème. Pourtant, une récente étude menée en Belgique a révélé que 56% des étudiant·e·s, doctorant·e·s et membres du personnel ont été victimes de harcèlement moral de la part d’une autre personne de leur établissement depuis leur arrivée dans l’enseignement supérieur ; 29,7% de violences sexistes et sexuelles. Des chiffres qui donnent à penser que le problème pourrait bel et bien être structurel.

Enjeux climatiques et environnementaux : transformer l’université, révolutionner le travail

À l'heure actuelle, la majorité des étudiant·e·s de l'enseignement supérieur ne reçoivent aucun cours abordant la question climatique ou la durabilité environnementale. Un état de fait qui contraste avec l'urgence de la crise, la vague d'éco-anxiété qui touche particulièrement les jeunes et les démissions de jeunes diplômé·e·s qui ont refusé d'être complices d’entreprises et multinationales néfastes pour l’environnement. Alors, l'université doit-elle se réinventer pour outiller les citoyen·ne·s face aux dérèglements climatiques et aux transformations à venir ? Dans cette analyse, Alix Buron, chargée de projets à la FUCID, explore la question en interrogeant les aspirations des étudiant·e·s, la valeur travail et le rôle de l'enseignement supérieur pour espérer amorcer un virage écologique radical. Un article à retrouver dans notre dernier FOCUS, la revue de la FUCID (2023-2024 "Climat & Rapports de domination") !

ÉTUDE- L’éducation permanente en lutte contre le racisme et la colonialité en Belgique francophone ?

L’histoire coloniale belge est loin de se conjuguer uniquement au passé. Discriminations, débats autour de l’Africa Museum ou des statues coloniales dans l’espace public… L’actualité entourant la mort de George Floyd a elle aussi fait rejaillir la nécessité du combat antiraciste partout dans le monde. Cela dit, les Afrodescendant·e·s belges n’ont pas attendu d’hypothétiques excuses pour la période coloniale et des promesses de politiques concrètes pour organiser les formes de lutte à plusieurs niveaux et à travers de multiples enjeux ! Aujourd’hui en Belgique, le militantisme, l’activisme et les pensées décoloniales se font de plus en plus visibles et n’ont cessé de conscientiser avec une détermination à toutes épreuves. Dans cette étude passionnante, Axel Mudahemuka C. Gossiaux, doctorant au sein du Centre d’Études de l’Ethnicité et des Migrations, revient sur l’histoire coloniale belge, l’émergence du Black Lives Matter, ainsi qu’une série d’initiatives décoloniales, et interroge : décolonisations et éducation permanente sont-ils vecteurs de démocratie culturelle ?