Écologies du Nord et du Sud : les communs comme exemple de réappropriation populaire de l’environnement naturel et urbain

Que peuvent nous enseigner les communautés indigènes et paysannes d’Amérique latine sur notre propre vision de l’écologie ? Comment créer des ponts entre leurs conceptions, leurs luttes, qui peuvent sembler si lointaines, et notre propre quotidien ? Du Nord au Sud, des quartiers populaires aux quartiers riches, du présent au passé, Alix Buron, chargée de projets à la FUCID, explore nos façons de concevoir la nature ou le territoire, afin d’interroger leur appropriation de plus en plus généralisée – notamment par les grandes multinationales – et faire lien entre ceux et celles qui s’y opposent.

Frédéric Lubansu : théâtre et désaliénation des imaginaires

Frédéric Lubansu est un artiste, plasticien, comédien et metteur en scène d’origine belgo-congolaise. Très actif dans le monde du théâtre et du cinéma en Belgique et en France, il s’attache à questionner la place des Afro-descendant·e·s dans nos sociétés contemporaines. Le théâtre, lieu où subsistent malheureusement encore des discriminations à l’égard des personnes noires, est cependant également, pour Frédéric Lubansu, un outil de désaliénation puissant et un moyen de renforcer le dialogue interculturel. Propos recueillis par Antoine Stasse, chargé de projet à la FUCID.

Faire de l’éducation permanente « universitaire » ?

« Faire de l’éducation permanente « universitaire » ». Voilà une assertion qui s’apparente à de la provocation ! L’éducation permanente et l’enseignement universitaire semblent en effet bien différents : d’un côté, un apprentissage s’appuyant sur l’expérience vécue, en partie déterminée par des rapports de domination, d’un public « populaire » ; de l’autre, une éducation avant tout basée sur la transmission d’une connaissance savante par des experts, à un public destiné à devenir l’« élite » de la société. Pourtant, en s’engageant dans des projets d’éducation permanente, la FUCID a la conviction que faire de l’éducation permanente et populaire sans trahir ni le projet d’éducation permanente ni la spécificité universitaire de l’ONG n’est pas une gageure, mais un beau défi : celui de faire, comme l’appelle Stéphane Leyens, directeur de la FUCID, dans cette analyse, de l’éducation permanente « universitaire »…

Éducation populaire/permanente et ONG universitaire : un pari osé ?

La démarche d’éducation permanente et populaire est transversale à tout projet proposé par la FUCID. En tant qu’ONG universitaire, la tâche peut sembler ardue tant « universitaire » et « éducation permanente et populaire » semblent, à priori, difficilement conciliables. Pourtant, il est possible de tisser des liens entre ces « vieux ennemis » afin de continuer à s’interroger sur le sens de nos actions. A travers cette analyse, Sarah Beaulieu, chargée de projet d’éducation permanente à la FUCID, s’arme ainsi de grilles de lecture (notamment les Modes de Travail Pédagogiques de Marcel Lesne) afin de mieux comprendre comment faire évoluer les pratiques et perspectives pour un meilleur dialogue entre éducation permanente et éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire au sein d’une structure universitaire.

Échange de savoirs entre monde académique et communautés marginalisées. Une expérience au Sud inspirante pour le Nord

S’il est largement acquis que la connaissance scientifique peut contribuer à l’élaboration d’un monde meilleur – pensons, pour l’exemple, à la gestion d’une crise sanitaire – l’intérêt sociétal des savoirs « populaires », ou savoir non-savant, est souvent considéré comme moins évident pour des citoyen·ne·s pétri·e·s de culture scientifique. Or, la valeur que constitue la pluralité des savoirs ne peut être ignorée. La FUCID, qui entend jouer un rôle important dans l’ouverture de la communauté universitaire à la diversité des savoirs, doit donc se nourrir d’expériences d’échange de savoirs entre monde universitaire et communautés marginalisées. Cette analyse de Stéphane Leyens, directeur de la FUCID, rend ainsi compte d’une expérience de ce type qui s’articule à un projet de recherche-action aux Philippines.

Pas de transition sans co-construction et mise en commun de savoirs pluriels : le cas dans l’agriculture

Dans la foulée de ses réflexions et actions autour de « la transition juste », la FUCID, en partenariat avec l’Institut Transitions de l’UNamur, propose, au départ des propositions d’un groupe de base de travail, des espaces d’échange d’expériences, de parole et de réflexion aux citoyen·ne·s. Ces espaces sont notamment proposés sous la forme « d’ateliers-débats » et de « cafés philo », en soirée, afin de permettre plus facilement à tout·e un·e chacun·e d’y participer. La question qui nous préoccupe ce soir de novembre : « Quels modèles de transition pour notre agriculture ? ». Cette analyse, en plus d’explorer les différentes réflexions soulevées par les participant·e·s sur les modèles d’agriculture durable, interroge : comment donc explorer la dimension collective de la parole en tissant ensemble les fils de réflexion qui nous soient réellement communs et effectivement co-construits ?