ÉTUDE- L’éducation permanente en lutte contre le racisme et la colonialité en Belgique francophone ?

L’histoire coloniale belge est loin de se conjuguer uniquement au passé. Discriminations, débats autour de l’Africa Museum ou des statues coloniales dans l’espace public… L’actualité entourant la mort de George Floyd a elle aussi fait rejaillir la nécessité du combat antiraciste partout dans le monde. Cela dit, les Afrodescendant·e·s belges n’ont pas attendu d’hypothétiques excuses pour la période coloniale et des promesses de politiques concrètes pour organiser les formes de lutte à plusieurs niveaux et à travers de multiples enjeux ! Aujourd’hui en Belgique, le militantisme, l’activisme et les pensées décoloniales se font de plus en plus visibles et n’ont cessé de conscientiser avec une détermination à toutes épreuves. Dans cette étude passionnante, Axel Mudahemuka C. Gossiaux, doctorant au sein du Centre d’Études de l’Ethnicité et des Migrations, revient sur l’histoire coloniale belge, l’émergence du Black Lives Matter, ainsi qu’une série d’initiatives décoloniales, et interroge : décolonisations et éducation permanente sont-ils vecteurs de démocratie culturelle ?

Genre : la solidarité internationale est pavée de bonnes intentions

Alors que le genre a le vent en poupe en ECMS, il convient de se poser une question de taille (et un peu provocante) : si l’intégration du genre en ECMS change le monde… le change-t-elle systématiquement dans le bon sens ? À partir de deux cas – la mobilisation contre les violences sexuelles en RDC et la lutte contre l’homophobie et l’excision au Mali – cette analyse ouvre un champ de réflexion qui gagnerait à être approfondi : comment l’ECMS pourrait-elle s’assurer que la mobilisation citoyenne autour de questions aussi politiques que le genre et la sexualité n’aboutissent pas à des effets contraires à ceux escomptés ?

ÉTUDE – Sensibiliser aux inégalités femmes-hommes dans le monde… sans alimenter les discours racistes

Depuis les années 2000, l’intégration du genre dans le travail des ONG s’est imposée comme une condition de financement par les bailleurs de fonds. Au sein du volet Nord, le secteur de l’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire s’évertue ainsi à questionner les inégalités femmes-hommes dans les contenus des animations et outils pédagogiques qu’il développe. Dans un contexte où les questions de genre et sexualité, extrêmement politisées, dessinent une frontière entre un Occident moderne, progressiste, champion auto-proclamé de la liberté sexuelle et de la tolérance, au reste du monde présenté comme foncièrement menaçant vis-à-vis des femmes et des minorités sexuelles, l’intégration du genre pose des défis considérables : comment conscientiser un large public aux inégalités de genre dans le monde sans activer des stéréotypes racistes et coloniaux ?

Sensibilisation aux violences sexuelles dans le monde : que révèlent les visuels ?

Le secteur de l’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire (ECMS) participe, depuis quelques années, à une multiplication d’initiatives en faveur de l’égalité femmes-hommes dans les projets de sensibilisation, mobilisation et plaidoyer. Mais comment sensibiliser aux questions de genre sans renforcer des stéréotypes racistes de « l’homme du Sud violent », qui font le lit de l’extrême droite ? Cette analyse se concentre plus spécifiquement sur les illustrations utilisées dans un outil pédagogique consacré au genre pour illustrer comment, dans certains cas, nous, ONG, contribuons parfois malgré nous à ériger une frontière entre « eux » et « nous ».

Interculturalité et soins de santé. Une ignorance cruelle…

Pour un·e étudiant·e étranger·e, les stages peuvent constituer une étape difficile dans la découverte des complexités de la société belge. En retraçant le parcours d’une étudiante sage-femme d’origine africaine, cette analyse met en exergue les violences subies dans le cadre du cursus et de l’expérience professionnelle, qui ne sont autres que les effets dévastateurs de l’ignorance.

Artisan·e·s interculturel·le·s – pour déjouer la violence interculturelle dans les soins de santé

Pour déjouer la violence interculturelle dans les soins de santé, on peut d’abord la jouer, en donner une représentation, artistique par exemple, qui touche et frappe le public, l’oblige à réaliser ce dont il s’agit et l’invite à y réfléchir. On peut ensuite mobiliser cette réflexion et l’orienter vers des formes citoyennes, professionnelles et politiques de prise en compte, d’analyse et de transformation d’une telle violence. C’est le pari qu’a suivi la FUCID. Cette analyse souligne comment l’art permet de montrer cette violence, de rendre voix à l’Autrui, et de relancer la réflexion entre personnes et entre cultures.